lundi 1 juin 2015

Souchon et Voulzy au Dôme de Marseille !

Tout commence par un film de quelques minutes, sur l'instrumental de « Dans le vent qui va » : on y  voit des images de Souchon et Voulzy, depuis leurs débuts. Puis, on entend un riff reconnaissable entre mille, qui suscite aussitôt un tonnerre d'applaudissements. Voulzy entre par la droite de la scène et joue cet arpège inspiré par Mc Cartney, « J'ai dix ans », tandis que Souchon entre par la gauche et chante. Et c'est parti pour plus de deux heures de spectacle énergique, jovial, qui enchante le public en folie.

Y a-t-il beaucoup de chanteurs qui peuvent se vanter, avec 40 ans de carrière, d'avoir écrit des chansons qui, dès leurs premières mesures, sont déjà identifiées par leur public ? « Bubble star », « Le Bagad de Lann Bihoué », « Fille d'avril », « Le pouvoir des fleurs », « Rockollection », « Le rêve du pêcheur », « Le soleil donne », « Jamais content », « Foule sentimentale », « Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante » mais aussi les chansons du CD commun : « Il roule », « Derrière les mots », « Oiseau malin ».

Voulzy change de guitare entre chaque chanson, ou presque : folk, acoustique, électrique, 12 cordes, basse. On le dit rarement, mais c'est un mélodiste exceptionnel et un guitariste prodigieux. Il y a toutes les influences anglo-saxonnes dans sa musique, que d'aucuns accusent parfois de plagiat. Les Beatles, les Rolling Stones, évidemment, mais aussi les Bee Gees, Supertramp, les Beach Boys, Chicago, sans oublier Cat Stevens, Bob Dylan « l'altitude », Simon and Garfunkel, Sting, Tom Jobim, Chico Buarque et les Antilles. Côté français, pour les textes aussi,Trénet, Gainsbourg, Brassens, Ferré « grande pointure », Salvador, même Jonasz. 

Parenthèse. Je faisais remarquer l'autre jour que les Frères Jacques auraient fort bien pu mettre à leur répertoire « Poulailler's song » ou « Caterpillar », ou que Juliette Gréco aurait pu enregistrer « La beauté d'Ava Gardner » ! On l'oublie tout autant, mais Françoise Hardy, Isabelle Aubret, Philippe Chatel, et plus récemment Eddy Mitchell, Sandrine Kimberlain, Nolwenn Leroy ou Jane Birkin ont chanté du Souchon – Voulzy : chansons sur mesure ou reprises ! On oublie également les chansons écrites par Souchon avec Mc Neil, Jonasz, Chedid. De Souchon, il est question dans les chansons des autres : « V'là l' soleil qui s' lève » de Jonasz, « Paris Berlin » d'Allain Leprest et Romain Didier, "Sentimentale mon cul" de Renaud et carrément « Sous Souchon » de Vincent Baguian. Voulzy est cité par Vincent Delerm dans « L'heure du thé ». Souchon évoque Voulzy dans « Les jours sans moi » et la version de « Bidon » qu'il chante depuis des années.

Durant ce concert, Souchon et Voulzy alternent duos et solos, chansons récentes et plus anciennes, connues ou non. Deux chansons m'ont vraiment paru chargées de sens et d'émotion dans la voix de Souchon. Dans une version guitare-voix, avec Michel-Yves Kochmann le magicien, il entonne : « Abderrahmane, Martin, David /  Et si le ciel était vide » (« Si en plus y'a personne »)... Puis, Kochmann nous emmène de l'autre côté de la Méditerranée, avec l'oud, pour « C'est déjà ça », écrite à l'origine pour un film d'Amnesty International, « Ecrire contre l'oubli ». Dans un registre plus moqueur, des caquètements introduisent « Poulailler's song », qui n'a pas bougé d'un mot depuis 1978 : « La djellaba / C'est pas c' qu'il faut sous nos climats ».

L'émotion, aussi, avec Voulzy, et le rythme subtil de « Jeanne », un moment formidablement dansant avec « Amélie Colbert », et la douceur avec « Le cœur grenadine ».

Séquence acoustique avec Voulzy à la guitare, sur « Bidon », « Somerset Maugham » (écrite à Antibes dans un appartement dont la fenêtre donnait sur un mur ! « D'habitude, on met deux à trois ans pour écrire, là c'était plié en deux heures », dit l'espiègle Alain). Souchon, à son tour, joue et chante « Allô Maman bobo », tout cela en racontant des anecdotes ou en s'adressant des vannes pour faire rire la salle.

Intermède avec une vidéo déjà diffusée à la télévision, durant une séance de travail sur la chanson « La ballade de Jim », qu'ils reprennent aussitôt avec la salle. 

Voulzy se met aussi au piano pour « Souffrir de se souvenir », une bien jolie chanson du dernier CD.

On me dira qu'ils se répètent, que c'est toujours pareil, qu'ils ont perdu l'inspiration de leurs débuts. Je suis un inconditionnel, donc peu objectif pour en juger. Ce que je sais, c'est que le public présent a chanté, dansé, applaudi, souri, enchanté par un concert montrant le talent, pour ne pas dire le génie (par sûr que ça leur plaise), de deux auteurs et compositeurs qui resteront dans les cœurs et dans les souvenirs !

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LA MALADIE DE LA TIARE DANS LE QUARTIER DE L’IMPERATOR : un article de Chenda Chuon

  Article à lire ici ! Enorme merci à Chenda Chuon pour sa fidélité sans faille !