mercredi 1 août 2012

article publié dans "Le Plus" du Nouvel Obs : Colonies de vacances et centres aérés, des questions à se poser


J’ai été animateur puis directeur dans les Accueils collectifs de mineurs (ACM), appellation officielle la plus récente pour les « centres aérés » et « colonies de vacances ». Je suis formateur, depuis plusieurs années, aux métiers du social et de l’animation.

Les ACM font la une de l’actualité ces jours-ci, à travers des événements tragiques ou des reportages sur des initiatives exemplaires. Chaque année, en France, plus d’un million d’enfants sont inscrits par leurs parents aux activités des « centres aérés » et « colos », ce qui ne peut laisser personne indifférent.

Deux informations suscitent débats et polémiques si j’en crois ce que j’en lis dans la presse et sur Internet :
1) Le drame du jeune qui s'est noyé dans l'Aude parce que le directeur du séjour a autorisé la baignade alors que tout porte à croire que celle-ci est clairement interdite : bien entendu nous sommes tous choqués par la mort tragique d'un jeune parti en vacances et par cette faute inadmissible et inexcusable.
2) Les animateurs suspendus pour avoir pratiqué le ramadan dans le cadre de leur mission dans un ACM : je ne connais qu'une seule solution à ce genre de polémiques : le dialogue, avant l'embauche, et pendant la réunion de préparation, pour se mettre d'accord sur un certain nombre de règles et de principes. Pour ma part le fait d'embaucher des animateurs qui pratiquent le jeûne ne m'a jamais posé de problème, car ils étaient parfaitement au clair avec les responsabilités qui les attendaient, je ne les privilégiais pas par rapport aux autres.
D'ailleurs j'ai eu plus de problèmes avec des animateurs "couche-tard" qui ne buvaient pas que de l'eau et ne fumaient pas que du tabac...

En revanche, plusieurs reportages ont été diffusés sur France 2 et TF1, notamment, pour relater la vie de séjours pour enfants ou adolescents, qu’il s’agisse de camps de scoutisme ou de « colonies de vacances » : on y voit comment les enfants vivent ces moments intenses en collectivité, où ils apprennent en s’amusant, où ils sont responsabilisés et où leur expression est valorisée en tant que futurs citoyens.

S’il est important de parler, à travers la presse, des drames et des accidents, il faut aussi montrer la réalité des initiatives formidables, des projets ambitieux réalisés avec des moyens dérisoires, de mettre en avant l’engagement des animateurs et des directeurs dans leur mission d’éducation et d’accès aux loisirs.

Il faudrait également, sur le plan national, améliorer la formation des animateurs et des directeurs, et en particulier du BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), qui a été créé en 1973, et qui a fait l’objet de peu d’intérêt et de réformes depuis les années 90.

Pourquoi engager une telle réflexion ?

Nous avons désormais une occasion de faire entendre la voix des animateurs et directeurs, des organismes qui gèrent les ACM et des organismes de formation, mais aussi la voix des parents qui nous confient leurs enfants le temps d’une journée d’activités ou d’un séjour. Depuis la dernière élection présidentielle, Valérie Fourneyron est la Ministre chargée de la Jeunesse, des Sports et de l’Education Populaire, ce grand courant pédagogique qui cherche à promouvoir l’accès à la culture et aux loisirs pour tous, et d’aider les enfants et les jeunes à devenir des citoyens responsables.
J’espère que Mme la Ministre se saisira de ce dossier et qu’elle agira dans le dialogue et la concertation.

Dans mon livre « Je prépare le BAFA », paru en juin dernier aux éditions Dunod, je donne un certain nombre de conseils pour s’inscrire en formation, choisir un organisme conforme aux attentes et aux valeurs du futur stagiaire, trouver un emploi dans l’animation. J’y développe également certaines pistes de réflexion pour améliorer le BAFA dans son contenu comme dans son organisation.
Ce débat me semble essentiel car c’est la sécurité des enfants qui est en jeu, tout comme la défense des valeurs de l’éducation populaire et l’engagement volontaire de centaines de jeunes qui, chaque année, se forment au BAFA et travaillent auprès des enfants.

Pour commander mon livre : http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/formations-et-metiers/formations/je-prepare-le-bafa

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LA MALADIE DE LA TIARE DANS LE QUARTIER DE L’IMPERATOR : un article de Chenda Chuon

  Article à lire ici ! Enorme merci à Chenda Chuon pour sa fidélité sans faille !